Quel est le rôle du psychologue au sein de l’Ehpad la Villa Caudacienne ?
Au sein d’une maison de retraite, le psychologue fait partie intégrante de l’équipe pluridisciplinaire. Il est à l’écoute des moindres doutes, craintes et questionnements des soignants, des aidants et des professionnels. Son rôle est d’apaiser les angoisses de chacun et de mettre en place un accompagnement personnalisé auprès des seniors afin d’être au plus proche d’eux et de leurs ressentis.
Lionel n’est présent au sein de la résidence que depuis juin 2022. Il nous fait un retour sur sa façon de créer du lien avec les résidents et ses différents moments d’intervention.
Un suivi sur mesure
- Premièrement, avant l’entrée en établissement d’un senior, l’équipe de la Villa Caudacienne reçoit un mail, généralement dans les 48 h qui précèdent cette entrée, contenant toutes les informations médicales du nouvel arrivant. En ce qui concerne le psychologue, cela lui permet de prendre connaissance des éventuels troubles psychologiques ou besoins particuliers.
- Une fois le résident installé, Lionel va dans la semaine qui suit, réaliser un entretien d’accueil à ses côtés. Cette première prise de contact permet de statuer sur une date de rendez-vous pour réaliser le projet d’accompagnement personnalisé, mais avant tout, elle sert à établir un lien avec le résident et à voir son état d’esprit quant à son entrée dans l’établissement. Il est primordial de savoir si son intégration se passe pour le mieux.
Il est important de se rendre rapidement auprès du résident afin qu’il nous intègre dans son lieu de vie .
- Le projet d’accompagnement personnalisé est effectué dans les plus brefs délais, en général dans le mois qui suit l’entrée de la personne âgée. Il consiste à prendre conscience des besoins et attentes de celle-ci, et à développer un accompagnement singulier afin que son séjour se déroule le mieux possible.
Un travail d’équipe avant tout
La relation interne avec les équipes est essentielle pour un psychologue. Il se doit d’être présent lors des transmissions en début de matinée afin de prendre connaissance des problématiques et troubles de comportements de la journée. Les besoins sont souvent différents chaque jour, Lionel doit alors être réactif et conseiller ses collègues sur les manières de résoudre tel ou tel besoin.
Un de ses projets serait d’ailleurs de pouvoir accompagner les équipes des différents établissements LNA et leur donner des outils sur leurs pratiques professionnelles. Il développerait cette idée sous forme « d’Ehpad’impro ». Le but serait de mélanger la psychologie et le théâtre en permettant aux soignants de faire des mises en situation de problématiques qu’ils peuvent avoir avec les résidents. Ensuite, l’objectif serait de donner des outils pour leur permettre de mieux gérer les troubles comportementaux de chacun et les différentes situations auxquelles les professionnels font face.
Que met-on en place en tant que psychologue ?
Depuis son arrivée, Lionel a beaucoup observé et réfléchi à l’organisation qu’il souhaitait instaurer afin d’être disponible pour chacun des 122 résidents de l’établissement, que ce soit en unité protégée ou en pôle d’activités et de soins adaptés (PASA).
Un suivi individualisé :
Sa priorité principale est centrée sur l’élaboration du projet d’accompagnement personnalisé de chaque résident, qu’il compte débuter courant septembre. Cela permettra de fixer avec le senior des objectifs de vie ciblés. Le but est de réussir à trouver avec lui ainsi que la famille, comment ces objectifs peuvent être atteints, quels outils mettre en place pour leur réussite. Dans les 6 mois suivant la visite, le psychologue revient voir le résident afin de noter ses avancées, et de faire un bilan.
Pour les résidents nécessitant un suivi psychologique régulier, le psychologue intervient en chambre et réalise des séances comme en cabinet.
Des ateliers de groupe :
Dès la rentrée de septembre, débuteront différents ateliers collectifs, en fonction des unités de vie. L’unité protégée pourra profiter d’animations flash qui dureront une quinzaine de minutes, et qui seront ciblé sur la relaxation et l’apaisement des résidents présentant des troubles du comportement. Pour les PASA, l’objectif est principalement de mettre en place des exercices de simulation cognitive.
Comment êtes-vous parvenu à la fonction de psychologue à l’Ehpad la Villa Caudacienne ?
Lionel exerce en tant que psychologue à la villa Caudacienne depuis le 26 juin dernier.
Diplômé d’un master 2 en psychologie, il a commencé son activité professionnelle en 2011, auprès d’enfants atteints de troubles autistiques, résidants dans un foyer de vie. Afin de s’ouvrir à d’autres profils, il décida de créer son propre cabinet à Yerres, puis à Noisy-le-Grand. Cependant, la fonction de psychologue en Ehpad l’a beaucoup intrigué quand des collègues lui ont évoqué les différents ateliers de groupe réalisés autour de la mémoire, où encore des temps de parole qui étaient selon lui une autre manière d’exercer le métier. En parallèle de son cabinet, il exerça en Ehpad « Univie » durant plus de trois ans. Cela lui a été très formateur, mais il a décidé d’arrêter pour se consacrer pleinement à son entreprise. Néanmoins, il eut peu de temps après écho de la recherche d’un psychologue à la Villa Caudacienne. Le projet que la directrice lui proposa lui correspondait parfaitement, un accompagnement auprès des seniors en équipe sans négliger l’autonomie nécessaire pour l’exercice de ses fonctions. Le défi lui a plu, les retours sur le groupe étaient positifs, il s’est lancé. Lionel n’a pas totalement cessé ses activités au cabinet, il y est présent le mercredi après-midi et le samedi en journée.
« J’aime le fait de pouvoir lier le travail en équipe et le travail plus personnel. Je trouve les deux côtés très intéressants, les méthodologies sont totalement différentes ce qui me permet d’être plus polyvalent. J’apprends énormément. »
Ce qu’il apprécie particulièrement en travaillant avec les personnes âgées, est l’histoire et le vécu dont elles font part à travers des anecdotes. Il y a une forte transmission de savoirs qu’il trouve enrichissante. Cependant, il n’a de préférence pour aucune catégorie d’âge.
Ce qui m’intéresse est d’apprendre chaque jour un peu plus sur la richesse de l’être humain.
Vous êtes également un interlocuteur auprès des familles, en quoi est-ce important qu’elles aussi soient écoutées ?
Le psychologue est le principal médiateur auprès des familles. Même si elles sont encore autonomes, elles ont cependant ce besoin d’être entendues et comprises.
Ôter le sentiment de culpabilité

Certains aidants sont parfois démunis, épuisés et seuls. Souvent, un sentiment de culpabilité les ronge avec cette impression d’avoir abandonné leur proche. De plus, ces personnes sont en général aidantes de plusieurs personnes en même temps, et entre la gestion administrative, les visites et les relations familiales, elles n’ont quasiment plus de temps pour elles. L’idée est alors de pouvoir les accompagner et les écouter.
Le psychologue est également présent pour apaiser leurs craintes, liées en général sur la manière de s’occuper de leurs proches. Les familles ont un besoin d’être rassuré quant au rôle qu’elles jouent pour le résident. Elles doivent comprendre que ce n’est pas une punition qu’il soit là et qu’elles ont totalement le droit de ne plus être aptes à s’en occuper quotidiennement.
Je fais en sorte de réduire cette culpabilité et les encourage à prendre du temps pour elles.
Répondre à leurs questionnements
Dès septembre, Lionel compte mettre en place un atelier des aidants afin de favoriser l’échange au maximum. Son projet serait de se réunir et de discuter sur la base d’une thématique ciblée, ou d’un titre de livre. Cela permettrait de lancer un débat et de rebondir sur des problématiques liées aux familles.
« Le but serait en prime de créer une prise de conscience sur le fait que ces familles ne sont pas seules, qu’il y en a de nombreuses autres autour d’elles qui sont dans la même situation. »
Pouvez-vous accompagner une personne âgée lors de sa fin de vie ?

Le psychologue est en mesure d’accompagner, sur indication du médecin, une personne âgée lors de sa fin de vie.
Au plus proche du résident
Bien évidemment, son rôle va être adapté à la situation. Le psychologue va principalement être dans un soin de confort, où tout va être mis en place pour que le résident soit le mieux possible. Les contraintes deviennent très limitées et chacun de ses souhaits essaie d’être réalisé. Lionel prend également le temps de l’écouter raconter les souvenirs heureux qui ont marqué sa vie.
Thérapies ciblées
Ce qui est intéressant au niveau de la thérapie, est le fait d’utiliser différentes méthodes de travail. Par exemple, il est bon de mettre en place la philosophie Snoezelen qui se base sur les stimulations sensorielles. Cela peut être le fait de faire écouter des bruits de nature à la personne en fin de vie, de lui mettre des lumières apaisantes dans la pièce, de le faire toucher des pierres chaudes…
L’hypnose peut aussi dans cette situation permettre d’apaiser les résidents en profondeur. C’est pour cela que Lionel aimerait y être formé.


