Quel est le rôle d’un coordinateur de vie sociale et culturelle au sein de l’Ehpad la Villa Caudacienne ?
La coordinatrice de vie sociale et culturelle , joue un rôle polyvalent au sein d’une maison de retraite. Elle est à la fois porteuse de projets et responsable de la coordination des équipes, tant sur le plan de vie sociale que culturelle. Elle est en lien permanent avec les résidents et toutes les sphères qui les entourent : familles, intervenants et professionnels.
Un point central pour les professionnels
La coordinatrice de projet d’animation est en contact avec la plupart des professionnels de la résidence, elle s’occupe de coordonner les animations en lien avec différents pôles (soins, administratif, hôtellerie, cuisine), ce qui nécessite des moments d’échanges avec les services. Son poste est une sorte de plaque tournante pour la communication de la résidence.
Au quotidien, Sarah a l’occasion d’être en lien avec plusieurs corps de métiers :
- Les soignants :
Le modèle LNA Santé inclut les aides-soignantes dans le projet d’animation. Il n’y a pas de réel poste d’animatrice, ce sont elles qui mènent des activités avec le soutien de la coordinatrice. Chaque mois est organisée une commission d’animation ou les maîtresses de maison ainsi qu’un soignant de l’étage sont conviés, pour discuter des animations qu’il serait bon de mettre en place. Aujourd’hui, Sarah a instauré des micro-formations pour les soignantes sur les activités physiques, qu’elles peuvent désormais mettre en place de manière autonome dans les unités. La communication entretenue se base donc autour d’un transfert de connaissances.
- Les maîtresses de maison :
Elles sont un appui majeur pour les professionnels, et se chargent de faire le relais entre les équipes, les familles et les résidents. C’est principalement avec elles que la coordinatrice de projet d’animation voit comment les animations peuvent se mettre en place.
Au-delà de ces deux professions qui sont au plus proche d’elle, la coordinatrice de vie sociale et culturelle est également en contact régulier avec les infirmières, les médecins, la direction, et même les coordinateurs de vie sociale et culturelle des autres résidences, qui se retrouvent lors de réunions ou d’échanges de mails.
Concocter un carnet d’animations bien rempli
Sarah est très active au niveau des animations de l’établissement.
Son programme est géré à la semaine, excepté pour les gros événements comme Noël qui s’anticipent un an à l’avance. Cela lui permet de prendre en compte les contraintes de chacun et d’adapter ses projets en fonction de l’évolution des envies de chacun. Les familles reçoivent elles aussi chaque semaine le planning d’animation par mail, afin de venir participer si elles le souhaitent aux animations.
L’objectif est de mettre en place un planning fixe sur les unités. Par exemple, tous les lundis, le résident de l’unité Phoebus aura une activité mémoire à 15 heures. Cela permet de créer des repères et de dynamiser les unités de vie. Bien évidemment, il est important de varier, c’est pour cela que Sarah propose des activités supplémentaires telles que des grands jeux. Cela permet de laisser le choix aux personnes âgées de faire ce qui leur correspond le plus.
Elle en met en place des activités de manière hebdomadaire, en général une chaque matin et une voir deux tous les après-midis.

Lecture de la presse
Le matin, entre 11 heures et midi :
Sarah propose systématiquement une activité avec les résidents des unités traditionnelles. Elle a instauré une activité de mémoire le mardi, une revue de presse le lundi, mercredi et vendredi, et un atelier de marche avec l’aide d’une bénévole le jeudi. La revue de presse consiste à détailler certains articles du journal du jour, à interagir sur les sujets d’actualité, à écouter les opinions de chacun. Les lieux sont fixes, ce qui permet aux résidents qui souhaitent participer de venir seuls à l’endroit réservé. Cette activité matinale rassemble en général une vingtaine de personnes.

Séance jeux de société
L’après-midi, entre 15 h et 16 heures :
Ce temps est dédié aux activités en plus grands groupes, en mélangeant les unités, ce qui permet à chacun de maintenir un lien social et de se rencontrer dans des moments ludiques et de partage. Cette démarche est différente et plus dynamique que les activités en groupes restreints. Sont proposées des activités de gymnastique douce une fois par semaine, des grands jeux autour de la mémoire ou du chant, ainsi que des jeux de société.
Le but est que cela soit le plus collectif possible.
L’après-midi, entre 16h et 17 heures:
Ce temps est plus adapté, pour des activités calmes en petits groupes. La soirée étant facteur d’anxiété pour certains résidents cela leur permet un accompagnement plus doux et rassurant.
Un travail d’équipe avant tout :
Il y a beaucoup de transversalités au niveau des activités, les professionnels essaient au maximum de travailler ensemble afin de croiser les savoirs et de varier les animations. La coordinatrice de vie sociale et culturelle a donc l’occasion de réaliser des petits ateliers physiques avec la psychomotricienne, ainsi qu’une session de théâtre et une activité hebdomadaire de marche. Elle met également en place des ateliers mémoire et discussion.
Gérer les relations externes à l’établissement
Au-delà de la mission animation, Sarah est pilote du contact des prestataires et intervenants extérieurs, de la gestion du budget social et culturel, ainsi que du suivi de facturation des ateliers proposés. Une de ses missions premières consiste à se créer un réseau alentour.
- Actuellement, la Villa est en lien avec des établissements scolaires proches. Cela comprend une école, un lycée professionnel spécialisé dans l’aide à la personne, ou les jeunes sont chaque année une dizaine à venir effectuer des stages au sein de l’Ehpad. Ceux-ci se basent sur 4 semaines où ils prennent d’abord le temps de faire connaissance avec chaque résident, puis ou ils animent des petits temps d’activité, sous le tutorat de la coordinatrice de vie sociale et culturelle Les résidents adorent cette relation intergénérationnelle et partagent de bons moments avec les étudiants. En retour, Sarah intervient dans l’enceinte du lycée, afin de sensibiliser les adolescents à la bientraitance.

Promenade dans la Villa
- Sarah a également développé un réseau de bénévoles, ou deux familles viennent l’accompagner sur plusieurs ateliers, notamment la marche, les jeux de société ou la lecture à voix haute. En plus de cela, une institutrice qui aimerait se réorienter vers l’art-thérapie intervient auprès des résidents pour tester ses séances.
- Dès septembre 2022, interviendront un vendredi sur deux des éducateurs sportifs de l’association sportive de la commune et proposeront plusieurs disciplines, qui se renouvelleront à la suite de chaque vacance scolaire. Au programme, du Vodinam zen, un art martial qui se rapproche du Thai Shi, de la savate forme, du renforcement musculaire et bien d’autres.
Comment êtes-vous devenu coordinatrice de vie sociale et culturelle à la Villa Caudacienne ?
Sarah à un parcours assez particulier. Entraîneuse et responsable technique d’un club de gymnastique depuis ses 16 ans, elle s’est orientée vers une licence STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives) option éducation et motricité. Après une prépa dans le domaine du sport elle a croisé le chemin de l’association de sport adapté « Siel Bleu » dans laquelle est devenue chargée de prévention santé. Elle y est restée 7 ans, et y a joué un rôle d’accompagnement et de prévention pour les résidents en EHPAD, les habitants de communes (en lien avec les CCAS) , et pour les entreprises afin de lutter contre les Troubles Musculosquelettiques .
Sarah a ensuite travaillé durant 7 ans en tant que coordinatrice en Ehpad et a en parallèle passé un DEJEPS Animation sociale mention développement de territoire. Puis elle a entendu parler de l’ouverture de la Villa Caudacienne et de leur recherche de coordinateur de vie sociale et culturelle, et elle a postulé. Elle y est désormais présente depuis décembre 2019.
Sarah Bonnin, une coordinatrice de vie sociale et culturelle qui se démarque à la Villa Caudacienne
- Sarah a une forte appétence pour l’activité physique, elle trouve cela très important et aimerait le développer encore plus. Elle voudrait développer du sport santé sur d’autres axes. C’est pour cela qu’elle a récemment contacté le club de judo, les associations et la piscine du secteur afin de développer de nouvelles pratiques.
- Elle envisage aussi d’instaurer régulièrement des activités physiques avec les professionnels, comme le renforcement musculaire, qui permet de limiter les blessures et de souder les équipes et de créer une réelle cohésion. Il avait été réalisé quelques fois durant le Covid et cela avait été un succès !
Quelle différence faites-vous entre un coordinateur de vie sociale et culturelle et un animateur en Ehpad ?
Bien que les deux fonctions soient proches, certaines particularités les différencient :
Au niveau du contact entre professionnels :
Le coordinateur de vie sociale et culturelle travaille énormément en pluridisciplinarité avec tous les salariés de l’établissement (ASH, aides-soignants…). D’un autre côté, Sarah trouve que l’animateur à tendance à travailler plus seul, ou avec son équipe attitrée, contrairement au coordinateur de vie sociale et culturelle.
Au niveau du contact avec les familles :
Sa relation avec les familles est très privilégiée étant donné que durant le Covid, elle a développé les appels sur Skype entre les résidents et leurs familles pour qu’ils puissent garder un maximum de lien. Elle avait donc régulièrement l’occasion d’échanger avec eux et ce mode de communication a été maintenu en lien avec les projets personnalisés des résidents.
Pour faire un lien avec le modèle LNA santé ou les aides-soignantes, jouent un rôle majeur dans la mise en place d’animation, Sarah explique pourquoi elle trouve qu’il s’agit d’une bonne chose. Selon elle, cela permet de casser l’image du soignant en Ehpad parfois péjorative, en montrant qu’il est intégré dans différents projets et prend part de manière active à la vie des résidents et de l’établissement.
« Le fait que les aides-soignantes fassent des animations permet de créer un relationnel différent avec les résidents. »
Comment les activités proposées sont-elles évaluées ?
Un logiciel de soins est commun sur tous les établissements LNA, il se prénomme Netsoins. En s’y connectant, chaque résident à une fiche dans laquelle il y a une icône « activité et vie sociale ». Dedans, il est possible d’inscrire si l’activité a plus ou non au résident, et s’il a été actif durant le temps de l’animation. Finalement, cela permet de faire des bilans de chaque activité, ainsi que sur du plus long terme (semaine ou mois). Cela permet de savoir quelles personnes sont plus en retrait, participent moins, et quelles activités plaisent le plus.
Ces retours réguliers permettent en fin d’année de faire un bilan annuel du résident et de dégager ses statistiques personnelles de présence et de participation.
S’il n’y a pas de bilan sur ce que l’on fait, cela veut dire qu’on ne l’a pas fait !
Ces retours sont importants, car ils servent de trame au fil de la journée. Ils permettent de constater l’état de chacun des résidents à des heures différentes du jour. Par exemple, si l’on s’aperçoit qu’en début d’après-midi l’un ne se sent pas bien alors qu’il était en pleine forme deux heures avant, c’est qu’il s’est peut être passé un événement particulier. Il est donc nécessaire de passer le voir pour évoquer le problème. Toutes ses informations permettent de comprendre et de pouvoir agir sur certaines problématiques rapidement.


